| Des côtes
fragiles |
"We
are greatly concerned that the full implications of
mangrove loss for humankind are not fully appreciated”
- Dr. N. C. Duke of the Centre for Marine Studies at
the University of Queensland in Australia. |
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Développement
côtier
nviron 60% de la
population mondiale vit à moins de 100 km des côtes,
occupant 10% seulement de la surface terrestre. De par leur
accessibilité, les zones côtières sont
des pôles d’activités, où les hommes
vivent et se délassent mais aussi trouvent leurs moyens
de subsistance. Sites privilégiés pour l’urbanisation,
les zones côtières concentrent souvent des populations
importantes sur de très étroites bandes de terre.
L'Asie se distingue par le fait qu’elle
héberge environ trois quarts de la population mondiale
dans ce qu'on appelle les zones côtières de faible
altitude. Le maintien des modes actuels d’urbanisation
y attirera encore plus de monde à l’avenir. La
croissance économique de la Chine, axée sur
l'exportation, a notamment entraîné des migrations
côtières intensives.
L’Asie abrite certains des écosystèmes
tropicaux marins et côtiers les plus riches et les plus
étendus au monde. Cependant, l’augmentation constante
de sa population côtière et la croissance économique
très dynamique que connaît le continent exercent
des pressions considérables sur ces zones fragiles.
On estime que 70% de ces écosystèmes
sont menacés et, parmi eux, les forêts
de mangrove sont les premières touchées.
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La ville côtière de Shenzhen en Chine, l’une
des villes
se développant le plus vite au monde - Source |

Densités de population - Source:
ReliefWeb
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Les
forêts de mangroves
Les forêts de
mangroves sont des forêts halo-resistantes (les arbres
tolèrent très bien des taux élevés
de sel) et à feuillage persistant que l’on trouve
le long des côtes abritées dans les régions
tropicales et sub-tropicales.
Elles sont caractérisées
par la faible diversité des arbres qui les constituent,
presque exclusivement des palétuviers bien adaptés
à leur habitat de marais salés et dont les racines
sont dotées d’organes complexes leur permettant
de respirer. Ces écosystèmes uniques jouent
plusieurs rôles :
- ils constituent un refuge
pour nombre d’animaux et assurent une protection
des récifs coralliens et du tapis de plantes aquatiques;
- ils stabilisent la sédimentation
et préviennent l'envasement des routes maritimes;
- ils fournissent un habitat,
des zones de frai et les éléments nutritifs
pour une grande diversité de poissons et de crustacés.
90% des organismes marins passeraient au moins une partie
de leur cycle de vie dans les mangroves.
Au niveau mondial,
sur les quelques 15 millions d’ha recouverts de mangroves,
40% se situent en Asie, dont la moitié en Indonésie.
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Distribution des mangroves au niveau
mondial - Source
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Bénéfices économiques
Des millions de pêcheurs
et agriculteurs dépendent des forêts de mangrove
pour s’approvisionner en bois, pour se nourrir
ou pour récolter des plantes médicinales.
Ces écosystèmes étant le vivier de nombreuses
espèces marines, ils sont essentiels au rendement des
pêches au large.
Grâce à leur système
racinaire, les mangroves empêchent l’érosion
côtière et constituent une barrière
efficace contre les vents, les vagues et les courants marins.
Elles protègent ainsi les côtes fragiles et leurs
habitants des effets parfois dévastateurs des phénomènes
naturels.
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Une disparition rapide
En raison de leur localisation
le long des côtes, les forêts de mangroves disparaissent
à un taux de 1 à 2 % par an, un rythme qui dépasse
même la destruction des forêts tropicales. On
estime que 20 % des mangroves de la planète
ont disparu entre 1980 et 2005, la plus grande destruction
ayant eu lieu en Asie où 1,9 millions d'ha ont été
perdus. Plus de la moitié des zones de mangroves de
la plupart des pays de la région Asie-Pacifique ont
été détruites.
La forte densité de population
dans les zones côtières a conduit à la
conversion de nombreuses zones de mangroves vers d'autres
usages. Les principales menaces qui pèsent sur les
mangroves sont la récolte de bois et de charbon de
bois, le développement immobilier, le développement
touristique, la conversion en élevages de crevettes,
et surtout le défrichage pour l'agriculture, notamment
les plantations de palmiers à huile et les rizières.
Les conséquences de la disparition
des mangroves
La fragmentation de plus
en plus importante des mangroves réduit leur viabilité
et en conséquence l’efficacité des nombreuses
protections et autres avantages qu’elles présentent.
La destruction des mangroves a un impact direct sur
la productivité marine et donc sur le rendement
des pêches locales.
Une autre conséquence de la perte
des mangroves est l’augmentation de l’impact
des cyclones; des milliers de vies ont ainsi été
perdues et des dommages matériels importants ont été
occasionnés. Le secrétaire général
de l’Association of Southeast Asian Nations, Surin Pitsuwan,
a ainsi déclaré que les conséquences
catastrophiques du cyclone Nargis en 2008 sur les zones côtières
de Burma sont le résultat de la disparition des mangroves
du pays.
La pression croissante exercée
par le développement urbain et industriel le long des
côtes, combinée aux changements climatiques et
à l’augmentation du niveau de la mer, risquent
d’exposer de plus en plus les habitants de ces zones
aux désastres naturels.
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Mangroves d’Asie du Sud-est et
plantations de palmiers à huile - Photo
courtesy of Emily Swaine. |
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Forêt de mangrove défrichée
pour l’implantation d’habitations et d’élevages
de crevettes - Source |
| Le tsunami de 2004
Le tsunami qui a frappé les côtes de l’Océan
indien en 2004, tuant près de 230 000 personnes, a
apporté la preuve que les mangroves protègent
ou au moins réduisent les conséquences les plus
graves des tempêtes et raz-de-marée.
Près de l’épicentre, là où
l’activité du tsunami était la plus intense,
la dévastation était inévitable, mais
dans les zones un peu plus éloignées, la proximité
de l’épicentre n’était pas le seul
facteur déterminant la gravité de l’impact.
Selon un article paru dans le journal Science, les zones protégées
par des forêts côtières comme les mangroves,
ont été nettement moins touchées que
celles qui en étaient dépourvues. L’étude
s’est basée sur des images satellites acquises
avant et après le tsunami, ainsi que sur des relevés
de terrain dans le district de Cuddalore en Inde. Ces conclusions
confirment les résultats d’expériences
menées préalablement en laboratoire et qui montraient
qu’une couverture de 30 arbres par 100 m2 de terrain
réduit de plus de 90% l’intensité maximale
d’un tsunami.
“Depuis la catastrophe, nous avons
travaillé afin d’aider les communautés
locales à reconstruire leurs vies et à rétablir
la végétation côtière dans les
zones affectées à Aceh.” déclare
Nyoman Suryadiputra, de l’organisation “Wetlands
International–Indonesia” et co-auteur de l’étude.
"Les membres des communautés locales soutiennent
fermement cette action car ils réalisent que les zones
où la végétation était intacte
ont été nettement moins endommagées”.
Source: The
Asian tsunami: a protective role for coastal vegetation. Science. |
Sources
Mangrove
atlas
Mangrove
conservation
International
Society for Mangrove Ecosystems(ISME)
The
world’s mangroves – FAO forestry paper
Liens
Image
Envisat du delta du Gange, hébergeant la plus grande forêt
de mangroves au monde, les Sundarbans
USGS
International Program Mangrove Project
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