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Last update: June 13, 2013

L'Europe centrale sous eau

En ce début juin, des inondations qualifiées d'historiques ont frappé l'Autriche, la République tchèque, la Suisse, la Saxe et la Bavière en Allemagne, la Slovaquie, la Hongrie et la Pologne. A Budapest, le Danube a atteint un niveau record de 8,9 m contre 2 m en temps normal. A Magdebourg, capital de l'Etat régional de Saxe-Anhalt, c'est l'Elbe qui a gonflé jusqu'à atteindre 7,5 m, un niveau qui n'avait plus été atteint depuis 1200 ans. Ces crues exceptionnelles des deux fleuves et de leurs affluents ont causé la mort de 19 personnes et l'évacuation de dizaines de milliers d'habitants. Les dommages matériels sont considérables. Tenant compte d'une perte de récolte de centaines de milliers d'hectares, ils se chiffrent à plusieurs milliards d'euros.

Les dernières grandes inondations dans la région, en août 2002, avaient été provoquées par le cumul de fortes pluies et de la fonte rapide des neiges des sommets alpins. Les inondations actuelles, plus dévastatrices encore que celles de 2002, s'expliquent quant à elles par l'arrivée de pluies intenses sur un sol pratiquement saturé en eau à la suite d'un printemps particulièrement humide. Les données récoltées par le satellite SMOS (Soil Moisture and Ocean Salinity) de l'Agence spatiale européenne avaient pu montrer fin mai que les taux d'humidité des sols en Allemagne battaient tous les records. Les sols gorgés d'eau n'ayant plus la possibilité d'absorber les pluies importantes qui se sont abattues sur la région, des quantités massives d'eau ont ruisselé directement dans les cours d'eau et provoqué ces crues terriblement destructrices. Les données SMOS pourraient à l'avenir être utilisées pour améliorer les prévisions de telles inondations, ce qui sera sans doute très utile lorsqu'on sait que l'Agence européenne de l'environnement a récemment rappelé que "l'Europe devait se préparer à vivre des inondations plus nombreuses du fait, notamment, du changement climatique".


Spatiocarte montrant l'étendue des zones inondées le 9 juin 2013 à Magdeburg en Allemagne.
Les zones inondées, obtenues grâce à des données TerraSAR-X à 8,5 m de résolution,
sont surimposées sur une image RapidEye à 5 m de résolution.
Cliquez sur l'image pour la visualiser en pleine résolution sur le site de al Charte.

Après avoir déclaré l'etat d'urgence dans plusieurs états, l'Allemagne a activé la Charte internationale "Espace et Catastrophes Majeures" qui mobilise un grand nombre de satellites d'observation de la Terre pour les besoins des organismes de protection civile et de sauvetage en cas de catastrophe. L'image ci-dessus montre l'une des spatiocartes ainsi obtenues pour la ville de Magdeburg: sur fond d'image Rapideye en couleurs naturelles, les étendues inondées sont délimitées en bleu clair, le tracé normal des cours d'eau étant représenté en bleu foncé. Les lignes rouges sont quant à elles les routes inondées.

Plus d'infos
Inondation en Allemagne - Charte internationale "Espace et Catastrophes Majeures
SMOS maps record soil water before flood - ESA
Flooding in Eastern Germany - NASA Earth Observatory
Inondations historiques en Allemagne - CNES
Rapideye satellites capture Floods in Germany - June 2013
Flood risk in Europe: the long-term outlook

Le satellite belge Proba V est en orbite

Ce mardi 7 mai au petit matin, le lanceur européen Vega a propulsé le micro satellite Proba-V vers son orbite située à 820 km de la Terre.

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La fusée VEGA a décollé à 4h du matin de la base de Kourou en Guyane française, emportant le satellite Proba-V et 2 autres satellites. Moins d'une heure plus tard, Proba-V était relargué et placé sur son orbite. Source: ESA

Proba-V (avec ‘V’ pour ‘Végétation’) a pour mission principale l’observation en continu de l’état de la végétation de notre planète. Ce satellite de moins de 150 kg et de la taille d'une machine à laver embarque 6 instruments, parmi lesquels une version améliorée du capteur VEGETATION, l'instrument d'observation à l'échelle globale présent sur les satellites Spot-4 et Spot-5.

Par rapport à ses prédécesseurs, le capteur à bord de Proba-V offre une meilleure précision tant radiométrique que géométrique ainsi qu'une résolution au sol qui atteint 350 m (au lieu de 1 km). Il opère dans les mêmes bandes spectrales, à savoir le bleu, le rouge, le proche infrarouge et le moyen-infrarouge, idéales pour distinguer les types de couvert végétal, les diverses variétés, les niveaux de croissance des plantes cultivées ou leur état sanitaire.

Le satellite a été conçu dans le cadre du programme GSTP (General Support Technology Programme) de l’ESA, mais il est le résultat d’une impulsion et d’une expertise belges.
C’est en effet la Belgique, représentée par la Politique scientifique fédérale, qui a pris l’initiative de développer ce petit satellite pour assurer la continuité de fourniture de données globales entre la fin de service de Spot-5 et la mise en orbite du satellite Sentinel-3A. A cette fin, la Belgique a tiré parti de son expertise technologique dans le développement de petits satellites flexibles (la famille des satellites Proba) et de son expertise scientifique développée dans le domaine du traitement et de la distribution d'images globales.


Proba-V, un concentré de technologies belges au service de la planète

Depuis 1998, année de lancement du satellite Spot-4, les images fournies par les instruments VEGETATION ont permis d’engranger une quantité phénoménale d’informations très précieuses sur l’état des écosystèmes terrestres. Ces données sont exploitées par la communauté scientifique pour les besoins d’un nombre croissant d’utilisateurs qui cherchent à suivre l’évolution des couverts végétaux, à détecter les anomalies ou à évaluer l’impact des perturbations que subissent les écosystèmes.

Les données VEGETATION ont permis la création d’une série de services opérationnels, tous plus utiles les uns que les autres : monitoring des ressources agricoles et prévision des crises alimentaires, suivi de la désertification et des ressources en eau, détection des feux de forêt…

C’est la raison pour laquelle il semblait indispensable de garantir la continuité de fourniture de ces données globales. Or, si le satellite Spot-5 est encore et toujours opérationnel, il commence à se faire vieux et risque tôt ou tard de devoir être mis hors service comme cela a été le cas pour Spot-4 au d début de cette année. Sentinel-3A, le satellite d'observation globale du programme européen de Surveillance mondiale pour l’environnement et la sécurité (GMES) ne devrait quant à lui être lancé qu'en 2014.

Plus d'infos:
Launch transmission - Vega VV02 liftoff to Proba-V deployment
Proba VEGETATION website
SPOT-VEGETATION Programme website
Proba Missions sur le site de l'Esa
Le lanceur Vega de l’ESA remporte un nouveau succès avec Proba-V
Meet the Proba-V team: Jean-Paul Malingreau, chair of the Vegetation International Users Committee

22 avril: journée de la Terre

Pour célébrer la 43e édition de la Journée internationale de la Terre, la NASA nous fait découvrir cette vidéo qui compile une sélection d'images impressionnantes de notre planète acquises tout au long de l'année 2012.

Des étendues glacées menacées par le réchauffement aux surfaces désertiques progressivement colonisée par les cultures irriguées, du suivi des volutes du Gulf Stream au déplacement de l'ouragan Sandy, de l'observation des concentrations en aérosols à celle de la diminution du trou d'ozone, chaque thématique illustrée peut être approfondie grâce à une page consacrée sur la section Earth Month du site de la NASA.

Le 22 avril 2011, le National Geographic publiait lui aussi un florilège de 20 images satellites particulièrement spectaculaires; découvrez-les ici.

Plus d'infos:
Earth day
Earth from Orbit in 2012
Earth Day Pictures: 20 Stunning Shots of Earth From Space

Première image du dernier Landsat

Le programme Landsat est le plus ancien des programmes civils d'observation de la Terre; depuis le lancement du satellite Landsat 1 en juillet 1972, une archive d'images considérable a été constituée (voir notre article "40 ans d'images Landsat").

Le 11 février dernier, la NASA a lancé avec succès le dernier-né de la série, le satellite LDCM (Landsat Data Continuity Mission), sur une orbite polaire héliosynchrone à 705 km d'altitude. A la fin de la phase de tests, le satellite sera rebaptisé Landsat 8. Les images acquises rejoindront les 3 millions d'images d'archives mises à disposition gratuitement par l'USGS (voir GloVis, EarthExplorer ou LandsatLook Viewer).

Landsat 8 embarque deux instruments de mesure, l'imageur OLI (Operational Land Imager) et le capteur thermique TIRS (Thermal Infrared Sensor). Ces instruments ont été conçus pour assurer la compatibilité des données avec les données Landsat plus anciennes, tout en bénéficiant de la technologie de pointe leur permettant d'améliorer la fiabilité, la sensibilité et la qualité des données.

L'imageur multispectral OLI acquiert des images dans 9 bandes spectrales situées dans le visible, le proche infrarouge et l'infrarouge courtes longueurs d'onde (SWIR). Sept d'entre-elles étaient déjà présentes sur l'instrument ETM+ de Landsat 7. Les largeurs de bandes ont cependant été affinées pour 6 d'entre elles. Deux canaux ont été ajoutés: le canal bleu profond, destiné à l'étude des ressources en eau et des zones côtières, et un canal infrarouge supplémentaire pour la détection des nuages cirrus. Comme son prédécesseur ETM+, OLI fournit des données panchromatique à 15 m de résolution et multispectrales à 30 m de résolution, avec une fauchée de 185 km.

C'est le deuxième instrument, TIRS, qui assure les enregistrements dans l'infrarouge thermique, qui sont maintenant effectués dans 2 bandes au lieu d'une.


Extrait d'une des premières images Landsat 8 acquise le 18 mars 2013 (Fort Collins dans le Colorado).
Pour visualiser plus aisément les différences entre les images en couleurs réelles et en fausses couleurs,
cliquez sur l'image pour accéder à l'outil de comparaison sur le Earth Observatory

Bien que toujours en phase de tests, le satellite a déjà envoyé ses premières images. Parmi elles, une vue de Fort Collins dans le Colorado a été acquise le 18 mars. L'image ci-dessus montre un extrait de cette image à 15 m de résolution, où les grandes plaines rencontrent le bord oriental des montagnes Rocheuses. Le premier tiers gauche de l'image est en couleurs réelles tandis que le reste de l'image est une représentation des réflectances dans l'infrarouge courte longueur d'onde, dans le proche infrarouge et dans le vert (bandes 7,5 et 3). Cette combinaison d'enregistrements dans le visible et dans l'infrarouge révèle des caractéristiques du paysage qui ne seraient pas visibles en utilisant uniquement le bleu, le vert et le rouge. Les zones brûlées apparaissent par exemple en rouge foncé et se distinguent aisément des forêts de conifères situées à l'ouest, alors que dans l'image en couleurs réelles, leurs teintes sont fort semblables. De même, les parcs irrigués, les jardins et les parcours de golf apparaissent en vert clair et se détachent nettement des autres zones de végétation alors qu'en couleurs réelles, la teinte dominante est le brun.

Le satellite Landsat 8, qui parcourt une orbite en 99 minutes, est capable d'acquérir 400 images par jour. Les 2 satellites Landsat 7 et 8 devraient donc ensemble pouvoir nous offrir une mosaique complète de la surface terrestre tous les 8 jours jusqu'en 2016, date à laquelle Landsat 7 devrait cesser ses activités.

Plus d'infos
A Closer Look at LDCM's First Scene
LDCM Spacecraft and Instruments
Frequently Asked Questions about the Landsat Data Continuity Mission (LDCM)