En ce début juin, des inondations
qualifiées d'historiques ont frappé l'Autriche,
la République tchèque, la Suisse, la Saxe et la
Bavière en Allemagne, la Slovaquie, la Hongrie et la
Pologne. A Budapest, le Danube a atteint un niveau record de
8,9 m contre 2 m en temps normal. A Magdebourg, capital
de l'Etat régional de Saxe-Anhalt, c'est l'Elbe qui a
gonflé jusqu'à atteindre 7,5 m, un niveau qui
n'avait plus été atteint depuis 1200 ans.
Ces crues exceptionnelles des deux fleuves et de leurs affluents
ont causé la mort de 19 personnes et l'évacuation
de dizaines de milliers d'habitants. Les dommages matériels
sont considérables. Tenant compte d'une perte de récolte
de centaines de milliers d'hectares, ils se chiffrent à
plusieurs milliards d'euros.
Les dernières grandes inondations dans
la région, en août 2002, avaient été
provoquées par le cumul de fortes pluies et de la fonte
rapide des neiges des sommets alpins. Les inondations actuelles,
plus dévastatrices encore que celles de 2002, s'expliquent
quant à elles par l'arrivée de pluies intenses
sur un sol pratiquement saturé en eau à la suite
d'un printemps particulièrement humide. Les
données récoltées par le satellite SMOS
(Soil Moisture and Ocean Salinity) de l'Agence spatiale européenne
avaient pu montrer fin mai que les taux d'humidité des
sols en Allemagne battaient tous les records. Les sols gorgés
d'eau n'ayant plus la possibilité d'absorber les pluies
importantes qui se sont abattues sur la région, des quantités
massives d'eau ont ruisselé directement dans les cours
d'eau et provoqué ces crues terriblement destructrices.
Les données SMOS pourraient à l'avenir être
utilisées pour améliorer les prévisions
de telles inondations, ce qui sera sans doute très utile
lorsqu'on sait que l'Agence
européenne de l'environnement a récemment
rappelé que "l'Europe devait se préparer
à vivre des inondations plus nombreuses du fait, notamment,
du changement climatique".
Spatiocarte montrant l'étendue des
zones inondées le 9 juin 2013 à Magdeburg en Allemagne.
Les zones inondées, obtenues grâce à des
données TerraSAR-X à 8,5 m de résolution,
sont surimposées sur une image RapidEye à 5 m
de résolution.
Cliquez sur l'image pour la visualiser en pleine résolution
sur le site de al Charte.
Après avoir déclaré l'etat
d'urgence dans plusieurs états, l'Allemagne a activé
la Charte
internationale "Espace et Catastrophes Majeures"
qui mobilise un grand nombre de satellites d'observation de
la Terre pour les besoins des organismes de protection civile
et de sauvetage en cas de catastrophe. L'image ci-dessus montre
l'une des spatiocartes ainsi obtenues pour la ville de Magdeburg:
sur fond d'image Rapideye en couleurs naturelles, les étendues
inondées sont délimitées en bleu clair,
le tracé normal des cours d'eau étant représenté
en bleu foncé. Les lignes rouges sont quant à
elles les routes inondées.
Ce mardi 7 mai au petit matin, le lanceur
européen Vega a propulsé le micro satellite Proba-V
vers son orbite située à 820 km de la Terre.
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La fusée VEGA
a décollé à 4h du matin de la base
de Kourou en Guyane française, emportant le satellite
Proba-V et 2 autres satellites. Moins d'une heure plus
tard, Proba-V était relargué et placé
sur son orbite. Source:
ESA
Proba-V (avec ‘V’ pour ‘Végétation’)
a pour mission principale l’observation en continu de
l’état de la végétation de notre
planète. Ce satellite de moins de 150 kg et de la taille
d'une machine à laver embarque 6 instruments, parmi
lesquels une version améliorée du capteur VEGETATION,
l'instrument d'observation à l'échelle globale
présent sur les satellites Spot-4 et Spot-5.
Par rapport à ses prédécesseurs,
le capteur à bord de Proba-V offre une meilleure précision
tant radiométrique que géométrique ainsi
qu'une résolution au sol qui atteint 350 m (au lieu de
1 km). Il opère dans les mêmes bandes spectrales,
à savoir le bleu, le rouge, le proche infrarouge et le
moyen-infrarouge, idéales pour distinguer les types de
couvert végétal, les diverses variétés,
les niveaux de croissance des plantes cultivées ou leur
état sanitaire.
Le satellite
a été conçu dans le cadre du programme
GSTP (General Support Technology Programme) de l’ESA,
mais il est le résultat d’une impulsion et d’une
expertise belges.
C’est en effet la Belgique, représentée
par la Politique scientifique fédérale, qui a
pris l’initiative de développer ce petit satellite
pour assurer la continuité de fourniture de données
globales entre la fin de service de Spot-5 et la mise en orbite
du satellite Sentinel-3A. A cette fin, la Belgique a tiré
parti de son expertise technologique dans le développement
de petits satellites flexibles (la famille des satellites Proba)
et de son expertise scientifique développée dans
le domaine du traitement et de la distribution d'images globales.
Proba-V, un concentré de technologies
belges au service de la planète
Depuis 1998, année de lancement du
satellite Spot-4, les images fournies par les instruments VEGETATION
ont permis d’engranger une quantité phénoménale
d’informations très précieuses sur l’état
des écosystèmes terrestres. Ces données
sont exploitées par la communauté scientifique
pour les besoins d’un nombre croissant d’utilisateurs
qui cherchent à suivre l’évolution des couverts
végétaux, à détecter les anomalies
ou à évaluer l’impact des perturbations
que subissent les écosystèmes.
Les données VEGETATION ont permis la
création d’une série de services opérationnels,
tous plus utiles les uns que les autres : monitoring des ressources
agricoles et prévision des crises alimentaires, suivi
de la désertification et des ressources en eau, détection
des feux de forêt…
C’est la raison pour laquelle il semblait
indispensable de garantir la continuité de fourniture
de ces données globales. Or, si le satellite Spot-5 est
encore et toujours opérationnel, il commence à
se faire vieux et risque tôt ou tard de devoir être
mis hors service comme cela a été le cas pour
Spot-4 au d début de cette année. Sentinel-3A,
le satellite d'observation globale du programme européen
de Surveillance mondiale pour l’environnement et la sécurité
(GMES) ne devrait quant à lui être lancé
qu'en 2014.
Pour célébrer la 43e édition
de la Journée internationale de la Terre, la NASA nous
fait découvrir cette vidéo qui compile une sélection
d'images impressionnantes de notre planète acquises tout
au long de l'année 2012.
Des étendues glacées menacées
par le réchauffement aux surfaces désertiques
progressivement colonisée par les cultures irriguées,
du suivi des volutes du Gulf Stream au déplacement de
l'ouragan Sandy, de l'observation des concentrations en aérosols
à celle de la diminution du trou d'ozone, chaque thématique
illustrée peut être approfondie grâce à
une page consacrée sur la section Earth
Month du site de la NASA.
Le 22 avril 2011, le National Geographic publiait
lui aussi un florilège de 20 images satellites particulièrement
spectaculaires; découvrez-les
ici.
Le programme Landsat est le plus ancien des
programmes civils d'observation de la Terre; depuis le lancement
du satellite Landsat 1 en juillet 1972, une archive d'images
considérable a été constituée (voir
notre article "40
ans d'images Landsat").
Le 11 février dernier, la NASA a lancé
avec succès le dernier-né de la série,
le satellite LDCM (Landsat Data Continuity Mission), sur une
orbite polaire héliosynchrone à 705 km d'altitude.
A la fin de la phase de tests, le satellite sera rebaptisé
Landsat 8. Les images acquises rejoindront les 3 millions d'images
d'archives mises à disposition gratuitement par l'USGS
(voir GloVis,
EarthExplorer
ou LandsatLook
Viewer).
Landsat 8 embarque deux instruments de mesure,
l'imageur OLI (Operational Land Imager) et le capteur thermique
TIRS (Thermal Infrared Sensor). Ces instruments ont été
conçus pour assurer la compatibilité des données
avec les données Landsat plus anciennes, tout en bénéficiant
de la technologie de pointe leur permettant d'améliorer
la fiabilité, la sensibilité et la qualité
des données.
L'imageur multispectral OLI acquiert des images
dans 9
bandes spectrales situées dans le visible, le proche
infrarouge et l'infrarouge courtes longueurs d'onde (SWIR).
Sept d'entre-elles étaient déjà présentes
sur l'instrument ETM+ de Landsat 7. Les largeurs de bandes ont
cependant été affinées pour 6 d'entre elles.
Deux canaux ont été ajoutés: le canal bleu
profond, destiné à l'étude des ressources
en eau et des zones côtières, et un canal infrarouge
supplémentaire pour la détection des nuages cirrus.
Comme son prédécesseur ETM+, OLI fournit des données
panchromatique à 15 m de résolution et multispectrales
à 30 m de résolution, avec une fauchée
de 185 km.
C'est le deuxième instrument, TIRS,
qui assure les enregistrements dans l'infrarouge thermique,
qui sont maintenant effectués dans 2 bandes au lieu d'une.
Extrait d'une des premières images Landsat 8 acquise
le 18 mars 2013 (Fort Collins dans le Colorado).
Pour visualiser plus aisément les différences
entre les images en couleurs réelles et en fausses couleurs,
cliquez sur l'image pour accéder à l'outil de
comparaison sur le Earth Observatory
Bien que toujours en phase de tests, le satellite
a déjà envoyé ses premières images.
Parmi elles, une vue de Fort Collins dans le Colorado a été
acquise le 18 mars. L'image ci-dessus montre un extrait de cette
image à 15 m de résolution, où les grandes
plaines rencontrent le bord oriental des montagnes Rocheuses.
Le premier tiers gauche de l'image est en couleurs réelles
tandis que le reste de l'image est une représentation
des réflectances dans l'infrarouge courte longueur d'onde,
dans le proche infrarouge et dans le vert (bandes 7,5 et 3).
Cette combinaison d'enregistrements dans le visible et dans
l'infrarouge révèle des caractéristiques
du paysage qui ne seraient pas visibles en utilisant uniquement
le bleu, le vert et le rouge. Les zones brûlées
apparaissent par exemple en rouge foncé et se distinguent
aisément des forêts de conifères situées
à l'ouest, alors que dans l'image en couleurs réelles,
leurs teintes sont fort semblables. De même, les parcs
irrigués, les jardins et les parcours de golf apparaissent
en vert clair et se détachent nettement des autres zones
de végétation alors qu'en couleurs réelles,
la teinte dominante est le brun.
Le satellite Landsat 8, qui parcourt une orbite
en 99 minutes, est capable d'acquérir 400 images par
jour. Les 2 satellites Landsat 7 et 8 devraient donc ensemble
pouvoir nous offrir une mosaique complète de la surface
terrestre tous les 8 jours jusqu'en 2016, date à laquelle
Landsat 7 devrait cesser ses activités.