L'hiver perd le Nord
Le phénomène est
sur toutes les lèvres : il fait trop chaud pour la saison.
Après un automne exceptionnellement doux dans nos contrées,
l'hiver ne semble pas vouloir montrer le bout de son nez. A quelques
exceptions près, le constat est le même dans tout
l'hémisphère Nord. Les conséquences de la
hausse des températures sont souvent insolites, toujours
préoccupantes : des cerisiers en fleurs au Nouvel an à
New York, des stations de sports d'hiver désespérément
vertes, des ours polaires insomniaques, des oiseaux migrateurs
qui ne sont plus tentés par le Sud...

Anomalies de température de surface
du mois de décembre 2006 par rapport aux
années 2000-2005. Cliquez sur l'image pour la visualiser
en meilleure résolution.
Copyright: NASA image by Jesse Allen, based on data from Zhengming
Wan,
MODIS Land Surface Temperature Group, Institute for Computational
Earth System Science, University of California, Santa Barbara.
L'image ci-dessus montre les anomalies
de la température moyenne de surface du mois de décembre
2006 par rapport aux températures moyennes du mois de décembre
pour les années 2000-2005. Il est à noter que la
température de surface est différente de la température
de l'air, paramètre habituellement mesuré par les
stations météos. L'image reflète les mesures
du capteur MODIS, qui enregistre notamment dans le domaine de
l'infrarouge thermique (rayonnement infrarouge s'étendant
approximativement de 3,0 à 15,0 micromètres et faisant
partie de l'infrarouge émis). En rouge apparaissent les
zones pour lesquelles l'anomalie est positive (température
moyenne de surface en journée plus élevée
que la moyenne 2000-2005), en bleu les zones où l'anomalie
est négative et en blanc les zones sans anomalie. L'image
parle d'elle-même : une grande partie de l'hémisphère
Nord montre des anomalies de températures élevées,
atteignant par endroit jusqu'à 10°C (régions
du Canada central, des grands lacs américains, Europe de
l'Est et du Nord, Sibérie centrale). Par comparaison, les
conditions observées l'hiver passé montraient un
réchauffement pour l'Amérique du Nord, mais un refroidissement
pour l'Eurasie.
Des taches bleues apparaissent çà et là,
comme au centre des Etats-Unis, où certains Etats ont enduré
des tempêtes de neige importantes, à l'extrême
Est de la Russie ou en Asie du Sud-Ouest. En Afrique de l'Est,
l'anomalie négative pourrait être expliquée
par les précipitations importantes de la fin de l'année
2006.
Dès l'automne, des anomalies positives de la température
de surface de la mer ont été constatées dans
tout le bassin du Pacifique tropical, indiquant le retour de cet
événement périodique appelé El Niño.
Le phénomène devrait persister dans les mois à
venir et certains spécialistes prédisent que la
combinaison des effets de El Nino et du réchauffement dû
aux gaz à effet de serre pourrait entraîner en 2007
des records de températures jamais atteints.
Plus d'info
Site
Earth Observatory
Bilan
climatique 2006 (provisoire) par l'Organisation météorologique
mondiale
Article
El Niño dans Wikipedia