Inondations en Afrique de l'Est
Alors que s'est achevée
à Nairobi la 12e Conférence des Nations unies sur
le climat, la communauté internationale se mobilise pour
venir en aide aux victimes d'inondations très sévères
dans la corne de l'Afrique. Depuis la fin du mois d'octobre, l'Ethiopie,
le Kenya et la Somalie sont frappés par des pluies torrentielles
qui ont provoqué la crue des cours d'eau et inondé
de nombreuses villes et villages. Les conséquences sont
dramatiques: cultures anéanties, routes et infrastructures
détruites ou impraticables, camps de réfugiés
dévastés, et même libération de crocodiles
qui, transportés par les eaux, ont tué au moins
9 personnes en Somalie.
Entre 1,5 million et 1,8 de personnes
pourraient être affectées directement ou indirectement
par ces pluies qui succèdent à une longue période
de sécheresse. La région subit des cycles réguliers
de sécheresse et d'inondations. Début 2006, une
sécheresse implacable s'est abattue sur une grande partie
de la corne de l'Afrique, causant d'importantes pertes de bétail,
l'assèchement des puits et une augmentation consécutive
de la malnutrition et des maladies. Au mois d'août, des
inondations massives ont frappé l'Ethiopie, entraînant
la mort de plus de 640 personnes et affectant plus de 350 000
personnes qui ont bénéficié de l'aide du
Programme alimentaire mondial des Nations Unies.
Ces alternances pluie/sécheresse
sont en partie dépendantes du phénomène El
Niño, un réchauffement cyclique des eaux océaniques
du Pacifique qui peut affecter la pression atmosphérique
dans certaines régions et entraîner des fluctuations
climatiques en des zones très éloignées du
phénomène initial. En septembre 2006, des mesures
par satellite ont permis d'enregistrer un faible événement
El Niño dans l'océan Pacifique tropical. Simultanément,
la sécheresse s'abattait sur l'Australie et des pluies
violentes ont commencé à assaillir l'Afrique de
l'Est.

Images acquises en Ethiopie du Sud-est par
le capteur MODIS embarqué sur le
satellite Terra de la NASA le 1er novembre et le 7 octobre 2006.
La comparaison des deux images
ci-dessus permet d'évaluer l'étendue des inondations
en Ethiopie du Sud-est. L'image du haut a été acquise
lors d'une éclaircie le 1er novembre 2006. Les pluies torrentielles
ont doublé le niveau des eaux de la rivière Wabe
Shebelle qui est sortie de son lit. L'eau apparaît dans
des teintes allant du noir très sombre au bleu clair. La
scène est une composition fausses couleurs, combinant l'information
des bandes visible et infrarouge. Dans ce type de combinaison,
l'eau est typiquement noire. Là où elle apparaît
plus claire, c'est dû à la présence de sédiments
dans l'eau qui dispersent la lumière. A certains endroits,
la couleur bleu pâle se distingue difficilement du vert
clair de la végétation récente, rendant malaisée
l'estimation de l'étendue de l'inondation.
L'image du dessous date du 7 octobre et montre la même zone
en conditions normales: l'aridité prédomine nettement,
seules les rives du fleuve sont fertiles et l'on comprend l'attrait
qu'elles représentent pour les populations locales malgré
les risques d'inondations. Les lignes bleu pâle sont des
nuages d'altitude, présents dans les deux images.
Plus d'infos:
BBC
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