Un équilibre délicat
En Australie, l’élevage extensif du bétail est une ressource économique importante qui profite des vastes étendues de prairies arides et semi-arides. Le climat fait alterner une courte saison de pluies suivie d’une saison sèche de longue durée. Les quantités disponibles d’eau et de végétation déterminent largement l’importance du cheptel. Ces prairies, déjà fragiles, sont menacées de dégradation par le surpâturage. Il est donc crucial pour les éleveurs de surveiller de près l’état des pâtures afin de pouvoir adapter leurs modes de gestion quand cela se révèle nécessaire. Est-il par exemple préférable de laisser paître librement le bétail sur de larges étendues, ou d’aménager une rotation dans de petites pâtures encloses? L’évaluation de la situation est rendue complexe par une série de facteurs; il n’existe pas de cartes récentes de la végétation, les exploitations sont gigantesques, et les prairies sont en état de déséquilibre.Les précipitations très irrégulières causent de grandes variations à court terme de la couverture végétale, ce qui peut masquer des détériorations qualitatives des sols à long terme, dont les symptômes sont l’apparition de surfaces de sol nu et le basculement de variétés herbacées pluriannuelles vers des annuelles. Différencier les modifications de l’état des prairies imputables au pâturage de celles qui relèvent des variations naturelles dans la végétation constitue un défi important que les données d’observation de la Terre peuvent aider à relever. |