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LA TELEDETECTION A L'AIDE DES REFUGIES

Trois types d'organisation apportent leur assistance aux personnes déplacées : le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies (UNHCR), les agences bilatérales et les organisations non gouvernementales (ONG). Le UNHCR est responsable de la protection légale des réfugiés, de la mobilisation et de la coordination de l'aide ainsi que du retour des réfugiés au pays une fois la sécurité revenue. Les agences bilatérales fournissent généralement une aide matérielle (souvent alimentaire). Les ONG assistent les populations réfugiées dans leurs besoins alimentaires, sanitaires, … mais fournissent aussi à plus long terme un appui scolaire, psychologique, agricole, environnemental,… Les responsabilités et les moyens d'actions diffèrent donc selon les organisations. Le plus souvent, les organisations humanitaires présentes sont amenées à coordonner leurs actions sous la tutelle du UNHCR.

 


Photographie aérienne du camp d'Hagadera

LES BESOINS EN INFORMATIONS SPATIALES
Pour identifier l'utilité de la télédétection dans ce contexte, il était nécessaire d'établir les besoins en information spatiale. Ceux-ci diffèrent selon l'évolution de la situation.

Phase d'urgence
En phase d'urgence, la priorité est d'assurer la sécurité et de satisfaire les besoins essentiels en nourriture, eau et abris. A ce stade, des informations spatiales sont nécessaires pour organiser l'intervention. Les délais d'obtention de ces informations doivent être aussi courts que possibles. Lorsque le flux de réfugiés est prévisible et que les organisations humanitaires ont eu le temps et les moyens de réagir, les camps sont organisés et planifiés avant l'arrivée des populations.Par contre lorsque l'actualité prend les devants, les populations s'installent dès qu'elles sont à l'abri du danger de façon spontanée dans un ou plusieurs lieux qui ne se prêtent pas forcément à une telle concentration humaine.

 


Photographie d'un abri bantou rectangulaire du camp d'Hagadera


Dans ce cas (et lorsque les conditions de sécurité le permettent), une des premières tâches des organisations humanitaires sera d'identifier un lieu plus adéquat pour l'installation des populations et d'y organiser un ou plusieurs camps.

La sélection des sites se trouve sous la responsabilité du UNHCR et se négocie avec les autorités locales ; les terres attribuées par ces dernières sont souvent des terres marginales.

Des cartes topographiques au 1/200.000 ou au 1/100.000 existent généralement, mais elles sont souvent anciennes et difficiles à obtenir (longues formalités administratives). Le plus souvent, elles sont remplacées par des cartes routières à plus petite échelle. Ces données sont très fragmentaires et incomplètes, souvent anciennes et dépassées.

Il existe peu de cartes topographiques ou thématiques à une échelle plus détaillée (inférieure au 1/50.000) pour les pays en voie de développement. La sélection du site est donc effectuée sur le terrain sur base d'interviews des populations locales.

Des informations spatiales seraient également très utiles pour estimer le nombre de personnes réfugiées ou déplacées. Ce chiffre est d'une importance cruciale, car c'est le facteur multiplicatif permettant de quantifier les besoins en nourriture, eau, matériel,... Différentes techniques existent pour estimer rapidement le nombre de personnes et deux d'entre elles pourraient être appliquées plus aisément si une information spatiale existait : la première repose sur l'estimation de la surface du camp, la deuxième sur le comptage des abris.

Malgré l'importance de ces informations spatiales, tant du point de vue de la gestion des ressources que de l'économie de temps et de la sécurité des personnes, la collecte de telles informations dans un contexte d'urgence est régulièrement ajournée faute de temps.

 

Phase de consolidation
La phase d'urgence s'arrête lorsque la population dispose d'eau, de nourriture et d'un abri, c'est alors que démarre la phase de consolidation.

Une carte détaillée du camp peut être établie à grande échelle (1/1.000 à 1/5.000). Cette carte permet de réorganiser le camp et de localiser les équipements et infrastructures (puits, latrines, dépôts d'ordures, cimetières, points de distribution alimentaire, lieux de stockage,... ). Cette carte est parfois établie à partir d'agrandissement de photographies aériennes ou de cartes topographiques (1/25.000 à 1/50.000), mais celles-ci étant rares, elle est surtout réalisée à partir d'un fastidieux travail de terrain.

Durant cette phase, il est également nécessaire de suivre l'évolution des effectifs de la population. Lorsque la population réfugiée n'a pas pu être recensée (le recensement est parfois impossible pour des raisons de sécurité ou d'urgence), le nombre de cartes d'identification distribuées permet une évaluation du nombre de personnes. Cependant, ce chiffre est souvent surestimé. Différentes méthodes indirectes permettent de contrôler la validité de cette estimation (nombre d'enfants de moins de 5 ans sous suivi médical, consommation en eau,...). Pouvoir disposer de photographies aériennes fournirait une estimation complémentaire. Lorsque les estimations divergent trop, un recensement devient indispensable.

Phase chronique
Lorsque la situation s'éternise, le camp devient permanent. L'information spatiale est nécessaire pour le suivi du camp, de la répartition de la population et de son environnement.

En effet, les infrastructures et équipements du camp évoluent: de nouvelles activités, telles que le maraîchage et l'agriculture apparaissent, la distribution de la population à l'intérieur du camp se modifie. La carte détaillée du camp devrait être mise à jour périodiquement. Le suivi des effectifs de la population réfugiée reste nécessaire.

Des tensions peuvent apparaître assez rapidement entre les populations locales et les populations réfugiées, les causes en sont multiples. L'une d'entre elles est une compétition accrue pour l'exploitation de ressources renouvelables limitées. Etant donné l'importante concentration de population sur des terres marginales, des dégradations de l'environnement sont souvent observées à proximité du camp (déboisement, surpâturage, érosion, ..). Ces dégradations sont plus intenses près du camp, mais elles peuvent affecter des zones plus vastes. Les problèmes de sécurité peuvent rendre difficile, voire impossible, tout travail de terrain. Ce travail de terrain est d'autant plus difficile qu'il doit être effectué sur une vaste zone. Toute technique caractérisant la dégradation de l'environnement allégerait le travail de terrain. Elle pourrait ensuite être utilisée pour suivre un programme de réhabilitation de l'environnement.