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LA LANGUE BLEUE, UNE MALADIE À SUIVRE

Un virus qui migre vers le Nord

La maladie de la fièvre catarrhale, plus communément appelée maladie de la langue bleue, est une pathologie virale des ruminants. Tous les types de ruminants sont susceptibles d’être touchés mais parmi les espèces domestiques, ce sont les moutons les plus sévèrement affectés. Cette affection, généralement mortelle, est transmise par la piqûre d’un moucheron de la famille Culicoides. Auparavant seulement fréquente dans les régions tropicales et subtropicales, la maladie a atteint l’ensemble du bassin méditerranéen vers 1998, remontant petit à petit vers le Nord à travers la Grèce, l’Albanie, la Bulgarie. À l’été 2006, la Belgique signalait ses premiers cas. Avec les foyers d’infection aux Pays-Bas et en Allemagne de l’Ouest, il s’agit de la localisation la plus au nord jamais diagnostiquée.


La maladie est transmise par la piqûre
d’un moucheron de la famille des Culicoides.
Surveiller la propagation

Inattendue sous nos latitudes, la “langue bleue” a été qualifiée de maladie émergente par l’Organisation Mondiale de la Santé Animale. En plus des mesures sanitaires sur le terrain, comme le dépistage et la restriction des transports, les outils de surveillance active se montrent très utiles pour suivre et comprendre la propagation du virus. Cette propagation, directement liée au déplacement d’animaux contaminés, semble également être due à la dissémination du moucheron par le vent. Les données de l’imagerie satellitaire ont servi à élaborer des logiciels qui estiment la probabilité de la présence du Culicoides et précisent la dynamique de déplacement de ses différentes espèces. Au vu des enjeux sanitaires mais aussi économiques, développer de telles applications est crucial pour gérer de façon coordonnée les situations de crise et pour analyser finement les facteurs de risque de la contamination.

 


Corrélation entre les trajectoires du vent et les foyers d’infection
lors de l’épidémie de 1998 dans les îles du Dodécanèse.


Objectif
Le projet vise à modéliser la probabilité de la présence du vecteur pathogène, en combinant l’information climatique dérivée de l’imagerie satellitaire et les observations de terrain quant à la présence ou à l’absence du moucheron Culicoides. Le moucheron étant de très petite taille, il est également intéressant de caractériser quantitativement les liens entre les conditions de vent et la dissémination de la maladie sur de longues distances.